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UN PATRIMOINE HISTORIQUE

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Fondé en 1820,

le pénitencier de Haute-Bologne a un lourd passé.

Tour à tour bagne militaire, puis prison politique, camp de prisonniers prussiens, lieu d’internement et de transfert pour les communardes de 1871, il devient en 1880 un bagne pour enfants ‘‘ délinquants ’’.

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Le site de l’ancienne

“ colonie agricole et maritime ”

est particulièrement  bien situé pour offrir à Belle Ile, un nouveau lieu patrimonial et culturel.

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— BAGNARDS ET PRISONNIERS POLITIQUES.

Au début du XIXème siècle, l’armée basée à Belle-Ile a besoin de main d’oeuvre. Elle fait venir des bagnards, des militaires condamnés pour désertion et insubordination. À partir de 1848, ce sont des prisonniers politiques qui arrivent à Belle- Ile, et notamment ceux des journées de Juillet. En 1850, Auguste Blanqui y est emprisonné pour 7 ans. Puis arriveront des prisonniers prussiens et des centaines de communards, attendant d’être transférés en Nouvelle-Calédonie.

— LA COLONIE PÉNITENTIAIRE POUR ENFANTS EST CRÉÉE EN 1880.

Les bâtiments de Haute-Boulogne rassemblent l’administration, les réfectoires, des ateliers, un quartier disciplinaire de vingt cellules et les dortoirs, compartimentés en cellules grillagées de 1,5 mètres sur 2 mètres. La colonie reçoit des jeunes détenus acquittés, ayant agi sans discernement mais non remis à leurs parents, et des jeunes condamnés à un emprisonnement de six mois à deux ans. On peut arriver à la colonie à 13 ans et y rester jusqu’à sa majorité pénale, 16 ans, ou sa majorité civile, 21 ans.

À l’origine, la vocation maritime de la colonie est très marquée. Dirigée par un ancien capitaine au long cours, la section maritime regroupe, vers 1890, une centaine de colons, avec quatre ateliers : matelotage et timonerie, voilerie et filets, garniture, corderie. Un atelier de sardinerie est ajouté en 1900.

Les apprentis matelots s’exercent d’abord sur le Ville de Palais, un trois-mâts ensablé dans la cour. En 1895, l’Administration pénitentiaire met à disposition un navire de vingt-cinq mètres, le Sirena, qui peut embarquer vingt colons. Plusieurs canots (le Bangor, le Sauzon, le Locmaria) complètent la flottille.

La vocation maritime de la colonie est rapidement contestée en raison de l’origine citadine de la plupart des colons. En 1887, l’Administration pénitentiaire loue, au centre de l’île, une partie du domaine de Bruté-Souverain pour y installer une section agricole. L’effectif de la colonie atteindra alors trois cent vingt places.

— RÉVOLTE DE 1934

La colonie pénitentiaire de Belle-Île est restée célèbre par la révolte, en 1934, d’une centaine de colons. Un soir d’août, un des enfants ayant été roué de coups pour avoir mordu dans un morceau de fromage avant de manger sa soupe, une émeute éclate, suivie de l’évasion de 55 pensionnaires. Ce fait divers est suivi d’une campagne de presse très virulente, et va inspirer à Jacques Prévert son célèbre poème La Chasse à l’enfant. Il y dénonce la ‘‘ battue ’’ organisée pour rattraper les fugitifs, avec prime de 20 francs offerte aux touristes et aux habitants de Belle-île, pour chaque garçon capturé.

L’année 1940 marque la fin officielle des ‘‘ bagnes d’enfants ’’. En 1945, la colonie de Belle-Île devient alors un institut public d’éducation surveillée (IPES). En 1967, 80 jeunes étaient encore enfermés à Haute Boulogne.

L’établissement a été fermé définitivement le 1er septembre 1977.